Si si, tout ça c’est bien l’islam.

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« Bon sang, qu’est-ce que je fous ici ? », troisième fois que cette pensée me passe par la tête. « C’est vraiment pour faire plaisir à Sophie… même si je la vois déjà qui commence à serrer les dents à force d’entendre les convives. »

Ça ne fait que quelques jours qu’ont eu lieu les événements à Charlie Hebdo. Et cette demi-douzaine de benêts qui assiègent le pauvre bol de cacahuètes équitables… Des surdoués des apparences, des génies de l’acceptation sociale à l’originalité répétitive, bref, des brebis galantes. Y’a vraiment originaux et originaux.

Mon attention semble accaparée par la rotation de ce glaçon qui tourne et retourne, dans le jus gluant d’un sirop directement extrait d’une plante inconnue elle-même tirée d’un pays improbable, mais qui promet sans doute de sauver une partie de l’univers, sinon quelques soirées. En fait, au fond je les écoute tous, du moins les entends, et les zieute par quelques discrets à-coups.

Les sujets vont bon train, tous bien filtrés, chaque phrase est proprette, chaque idée est acceptable, bobotique, et se termine souvent sur un « Tu vois ? » assez pédant. Discrimination, amalgame, misère, banlieue, puis soudain l’œuvre d’art improbable sur la table basse, rapport à une peuplade isolée, enfin le sujet revient quand même à l’islam et à l’attentat de Charlie Hebdo par un virage inattendu…

Toujours les mêmes affirmations officielles, enrobées d’une érudition décorative. Les esprits éructent, les sujets frôlent la limite de la bien-pensance, l’ambiance est érogène, c’est palpable. Mais c’est toujours les mêmes conclusions. Surtout Marc, jambes de flanelle négligemment croisées, un coude sur le dossier du siège, un petit verre un peu pendant, cette écharpe soi-disant jetée à la va-vite, cet air autant détendu que supérieur, et la main vers le haut, déclamant soudain : « Ces gens-là, les terroristes, n’ont jamais lu le coran, tu vois, ils ne connaissent rien au message d’amour et de paix, tu vois. » Et ce grand dégingandé d’Edouard qui revient de la cuisine avec cet air autant efféminé que démonstratif, martelant ses mots comme on fixait les lettres chez l’imprimeur : « Mais-c’est-trop-ça, tu vois, attends, moi j’en connais des musulmans, j’ai des amis, je vis même parmi eux dans mon quartier hypra-mixte, tu vois, et c’est pas-du-tout-ça, l’délire. », et sa compagne, visiblement de retour express du Tibet et inutile à la conversation, d’acquiescer continuellement, métronome, par un hochement de tête approbateur face à l’évangile.

Heureusement, il y a Pierre, l’artiste « qui ne mâche pas ses mots », la caution mal-pensance de la troupe, et qui affirme « Il y a quand même certains versets qui sont un peu violents, il me semble », libérant enfin la meute des beaux esprits, le top départ du défilé des enfoirés sublimes qui, chacun leur tour, défilent avec leur esprit sur-décoré d’originalités mondaines. Ca fuse : « Oui mais je ne suis pas sûr de ça, tu vois », « Il faut se pencher sur le contexte aussi, tu vois », « Enfin il y a quand même plus de paix et de tolérance que chez les cathos, hin-hin…. ». Ils sont fébriles, des cacahuètes leur filent entre les doigts, ça s’avance et ça se renverse sur les dossiers de chaise, la valse du boniment, tous ces petits diables qui dansent entre les flammes et reculent avant la brulure, satisfaits d’avoir seulement frôlé la mal-pensance. Adrénaline. Ils se sentent vivre, et se trouvent délicieux. Ils sont mignons, ils sont parfaits. Ils sont sublimes. Jusqu’à cette apogée, la pseudo-tibétaine qui nous gratifie enfin d’un bon mot, drapeau planté fièrement au sommet de leur orgie intellectuelle : « Pour moi, tu vois, qui revient de ce long voyage spirituel, pour moi, le coran et tout ça, c’est avant tout un grand message de paix, d’amour, de tolérance et d’ouverture qui est offert à l’occident, qui nous est offert sur un plateau, et nous, tu vois, on est trop cons pour s’en servir, pour s’en inspirer, et on fait tout de suite l’amalgame avec ceux qui sont violents alors que c’est avant tout des grands déséquilibrés. »

Jouissance générale. Les beaux esprits ont atteint l’orgasme en s’esclaffant, en tendant des doigts approbateurs, en hochant vigoureusement la tête yeux exorbités, les cacahuètes volent en tous sens, les sirops exotiques se renversent, les dossiers des fauteuils morflent un bon coup. On passe à deux doigts de l’ovation et puis le calme revient soudain dans un nuage de hochements et de « Hum, hum-hum », « Trop ça. », « C’est ce que je dis à tous mes contacts, tu vois », « Hum-hum », « Merci Mireille, t’as tout compris », « C’est clair », etc.

Tout le monde acquiesce, verre à demi vide et cacahuètes sur le tapis. Chacun a bientôt retrouvé le dossier de sa chaise et cet air grave, si nécessaire à l’image d’esthète, de penseur un peu décalé mais esthète quand même. Le sol accroche à présent tous les regards, les esprits rangent cette dernière discussion dans le coin de leur cerveau qui y siéra le mieux. Bien en évidence si possible, avec la poussière faite tous les jours. Le silence après la bien-pensance est encore de la bien-pensance. Moi, pendant ce temps, j’ai le front qui perle, et je discerne les regards en coin de Sophie, paniquée à l’idée que je ne tienne plus, que je lâche les fauves. Ce qui ne tarde.

« Non », dis-je, laconique, les yeux vissés dans mon verre, en plein cœur de la minute solennelle.

  –  Tout ça c’est des foutues conneries. C’est d’abord la faute de l’islam, repris-je en appuyant fort sur « d’abord ».

Il y aurait pu y avoir un attentat dans la cuisine, une détonation dans les soufflés au thé vert avec onde de choc à en retourner les masques indigènes, suivie d’un souffle à rendre des ailes aux piles de Nouvel Obs, que ça n’aurait pas eu la moitié de cet effet. Sophie, pour qui j’avais jusque-là fait l’effort de me contenir, se lève d’un bond et sort sur le balcon, entre les bambous, sans doute pour fumer tout le reste de son paquet d’une traite. Le salon, lui, est vitrifié. Les cacahuètes se sont arrêtées à mi-chemin, les regards ahuris tendus vers le cœur du cataclysme. Même Zaz semble avoir baissé d’un ton entre deux couplets multiculturels, tellement elle se sent bête dans sa platine super-slim. Déjà je sais que j’ai tiré la cartouche qui va déclencher les hostilités. J’ai visé en plein dans l’archiduc d’Autriche. Il va falloir assumer à présent. Même si je sais que ce n’est encore pas ces fourbes surentrainés qui vont en souffrir le plus, surtout à un contre six, sans compter les spectateurs incrédules.

Après le choc, chacun quitte soudain son dossier pour s’avancer. Six pseudo psychiatres vérifient leur matériel et s’apprêtent à m’ausculter. Il faudra bien six prêcheurs pour sauver mon âme in extrémis. « Voyons, Antoine, tu ne peux quand même pas dire une chose pareille… », se risque Sébastien, le grand hipster à bonnet et à la voix sourde et rassurante. Une voix fluette un peu tremblante perce à nouveau la lourdeur du moment depuis la droite :

  –  Hin-hin, il dit ça pour déconner je parie, hein ? Hein … ? Antoine ?

Puis le fauteuil de gauche, humaniste et branché, s’anime à son tour, inquiet :

  –  Il est tandax de ouf en ce moment, le copain de Sophie…

La conclusion arrive rapidement, rassurante :

  –  Il ne pense pas ce qu’il dit ce n’est pas possible… Sinon c’est grave.

Tous pendus à ma bouche, ils guettent le moindre des mots qui en sortirait et viendrait se poser dans leurs consciences, avec la légèreté d’un oiseau, comme un baume rassurant. L’un croit entrevoir s’esquisser le sourire qui mettra fin à la blague, d’autres sont certains que déjà mes lèvres s’entrouvrent pour annoncer la bonne nouvelle. Que je plaisantais, ou au minimum, que je regrette d’avoir dit ça, que c’est la fatigue, l’alcool, n’importe quoi. N’importe quoi qui puisse éteindre l’incendie, n’importe quel claquement de doigts qui les éveillerait de ce cauchemar lucide.

Pas de chance : si ma bouche s’entrouvre à nouveau, les yeux toujours fixés sur ce glaçon éternel, c’est pour reprendre à nouveau mon air laconique. Ne mettant pas fin à leur torture en retirant les fers, mais plutôt les achevant d’un coup de grâce, implacablement sûr :

  –  Désolé, mais si. La haine est noire sur blanc dans le coran, reprends-je, tout comme l’intolérance, la violence, la domination, la fourberie, et j’en passe. Soit les musulmans l’ignorent eux-mêmes, soit ils vous mentent.

  –  P**** n, mec, tu ne peux pas dire des choses comme ça, dégaine Sébastien, c’est trop raciste !

  –  T’as l’impression que c’est raciste, de parler d’islam ? Si je te traite de païen ou de bobo, c’est raciste ? Faudrait voir à pas tout mélanger, je vous parle d’un truc concret, là.

Éric, le timide que l’on n’avait, jusque-là, pas vu prendre part à la conversation autrement que par des hochements de tête approbateurs – soumis, peut-être -, se lève d’un bond, empoigne sa veste en jean et, d’un remous brutal du menton en ma direction, vomi le premier :

  –  Bon, je suis désolé, mais moi je me tire, je ne peux pas supporter d’entendre des conneries pareilles, on n’est pas à un meeting du FN ici. Salut.

Une porte claque brutalement. L’un des survivants est sur le point de l’imiter, mais le regard des autres semble le retenir encore.

T’es le premier à tomber, bravo, me dis-je intérieurement. Tu te sacrifies pour les autres ? Pour qu’ils aient l’air moins lâche que toi ? Ou plutôt, comme tous ceux qui ne veulent pas savoir, tu fuis afin de ne prendre le risque d’entendre l’éprouvante vérité, de voir ton si petit monde de bobo s’écrouler ?

Le premier test est passé, déjà un de tombé au champ. Cette lâcheté ne mérite ni tambour ni trompette.

  –  Premier niveau de conscience passé, déjà un mort, dis-je, sourire en coin.

  –  Quel niveau de conscience, se vexe Marc, c’est un petit jeu c’est ça ? Sache que ça n’a rien de drôle de venir gâcher une soirée comme ça, jusque-là intelligente et ouverte.

  –  Ouverte ? Intelligente ? Laissez-moi rire, dis-je soudain, animé et accrochant des regards fuyants. C’est ouvert de se tirer au départ d’une discussion, certes un peu plus difficile que de savoir si on est encore hipster avec des lunettes rondes ou carrées, ou de savoir si Céline, qui ne reviendra plus se plaindre, c’est de la bêtise ou du génie ? Le premier niveau de conscience qu’on vient de passer, là, c’est le niveau zéro en l’occurrence, et votre ami est déjà tombé. C’est-à-dire avant le combat, refusant même de se battre.

A ma droite et à ma gauche, des mains sur le front, d’autres sur la bouche, d’autres encore comme figées en l’air paumes vers le plafond, des poings serrés ou des doigts accusateurs… En tous cas, des yeux exorbités. Paniqués, pour certains. Des enfants apeurés qui ne reconnaissent plus le chemin de la maison.

Le représentant officiel des hipsters à bonnet de la pièce se frotte le visage des deux mains, puis reprends, de sa voix doucereuse, mains parallèles et regard sur le tapis :

  –  Bon, bien. Pour moi, tout ça, c’est n’importe quoi, tu vois. Mais on veut bien écouter ce que tu as à dire, ta version de la haine. Alors va-y, commence, dit-il avec des mains invitantes.

  –  Commencer quoi ? Je dis simplement que tout ça, la violence et tout, c’est dans le coran, c’est à la base de l’Islam.

  –  Mais comment tu peux dire ça, bon sang ? Rétorque Mireille avec une violence qui tranche avec un « Peace and love » qui balance à son cou. Je sais, je suis même certaine, que le coran est un message d’amour, de paix et de tolérance.

  –  Voilà le niveau un, merci Mireille. Certainement le niveau d’une grande partie de la population, quoique en diminution : le niveau de celui qui n’a jamais fait l’effort d’ouvrir un coran de sa vie, mais qui croit tout de même savoir quelques trucs… N’ai-je pas raison Mireille ?

  –  Heu… C’est pas parce que je ne suis pas érudite que je ne le sais pas, on a montré de merveilleux passages pleins de paix et de lumière l’autre jour, à la télé, et j’ai déjà lu des citations et tout ça… poursuit-elle en cherchant l’approbation dans le regard des autres.

  –  Ah, alors tu passes en fait directement au deuxième niveau de conscience, dis-je à mi-voix, toutes mes félicitations. Niveau que je traduirais par « savoir quelques trucs du coran mais seulement ceux qui nous arrangent ».

  –  Les gars, soutenez-moi, un peu ! Panique-t-elle.

Les regards divergent, évitent. Certains semblent réfléchir. Marc ose, avec une prudence étonnante :

  –  J’ai déjà lu quelques passages du coran, et c’est vrai que certains sont un peu durs, mais il faut savoir que ça tient au contexte de l’époque, tu vois, et ça n’empêche que la plupart ne sont pas si violents que ça, et beaucoup apportent des messages de paix…

  –  Ah, très bien, dis-je amusé en lui coupant l’érudition, je vais vous en offrir un bien gratiné de message de paix. Laissez-moi simplement le temps de le trouver.

Je sors d’une poche intérieure un coran, un peu élimé aux coins, totalement empli de petits marques pages annotés de différentes couleurs, passe quelques pages, revient, m’arrête, et cite, sentencieux :

  –  Sourate 9, verset 29 : « Combattez tous ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour Dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son message ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation par leurs propres mains, après s’être humiliés. » Ou tiens, celui-là encore, puisque c’est l’heure de la paix, sourate 9 verset 5 : « Après que les mois sacrés expirent, tuez les associateurs (donc chrétiens inclus) où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. Si ensuite ils se repentent, accomplissent…. »

  –  Ouais bon ça va, on a compris ! Coupe Marc avec fermeté.

  –  Je veux voir, bégaye Mireille, je suis sûre qu’il invente.

  –  Attrape, dis-je en lançant mon exemplaire qu’elle agrippe comme elle peut.

La détresse et l’horreur se lisent dans ses yeux. Elle porte une main à sa bouche, pulpe des doigts contre ses lèvres, sourcils froncés. Soudain elle se reprend, en refermant fermement le livre, comme à la suite d’un mauvais rêve :

  –  Ça ne veut rien dire. Je sais qu’il y a aussi des versets très doux qui protègent la vie humaine, qui disent qu’elle est sacrée, qu’il faut respecter l’autre, qu’il n’y a pas de contrainte en religion, …

  –  En effet, il y en a un certain nombre, repris-je brutalement. Mais ils ne sont pas vraiment à jour, ce sont de vieux…

  –  Ah ! Ah-ah ! Coupe soudain Marc, le regard fier et victorieux, sourire énorme, yeux de tueur, le doigt tellement pointé sur moi que j’en ressens l’aiguillon, cherchant néanmoins ses mots qui n’ont semble-t-il suivi sa réaction. Je… J’étais sûr ! J’étais trop sûr que tu utiliserais cet argument ! Genre qu’il y en a des plus récents et on ne regarde plus trop les anciens, et surtout genre que c’est toi qui sait ce que les musulmans lisent ou ne lisent pas ! Il se lève soudain dans un tonnerre. Laisse-moi rire ! Mais laisse-moi rire ! Répète-t-il en arpentant vigoureusement la pièce, sous les yeux satisfaits et complices des convives.

Pierre, le soi-disant mal pensant de l’équipe, semble pourtant embêté, et reprend soudain sur un air docte :

  –  Ce qui est vrai, c’est que certains versets en abrogent d’autres, mais on ne sait jamais trop lesquels, et de toutes façons ces messages de guerre ne sont pas à l’ordre du jour.

Son regard croise parfois le mien, qui reste toujours ferme et tirant sur le blasé, et rejoint rapidement le tapis malgré une certaine confiance affichée. Plus personne n’entend Zaz qui répète ses petits airs ni ne remarque les autres convives figés debout et passionnés par notre échange. Marc lui, a stoppé sa course entre deux lattes du parquet, juste après les toasts de tempeh, et se perd dans ce qui semble être un masque de guerrier tanzanien.

  –  Bravo, vous êtes au troisième niveau de conscience, dis-je toujours laconique, vous reconnaissez l’existence de versets violents. Il semble cependant qu’on ait perdu Marc entre deux tranchées.

  –  A cause d’un gaz de combat bien nauséabond je crois surtout ! Lâche ce dernier en quittant la pièce.

  –  Bon, tout ça c’est bien joli, dit Pierre avec une certaine intention de clore le débat, mais de toutes façons avec tout ce qui abroge et ce qui n’abroge pas, je ne pense pas que ces vieux versets guerriers soient de quelque actualité que ce soit…

  –  Tu as raison, renchérit Mireille, tandis que le reste de l’assemblée acquiesce et cherche à placer un mot. Il essaye seulement de semer la haine et la discorde en nous montrant ces deux pauvres versets violents…

  –  Taisez-vous un peu, ignorants. Vous n’en avez pas marre de ces éternelles litanies bien-pensantes ? Les versets que je vous ai cités se suivent de près et abrogent, à eux deux, cent-vingt-deux versets pacifiques. Cent-vingt-deux, vous m’entendez ? A ta trappe, comme ça, simplement parce que leur prophète commençait à avoir du poids et que ça l’arrangeait bien de pouvoir continuer son entreprise de conquête, gênée qu’elle était par quelques païens, juifs ou chrétiens…

  –  Assez ! Hurle Mirelle au bord des larmes. C’en est trop, trop de haine, trop de bêtises, je m’en vais. Elle sort de la pièce avec fureur, masquant ses yeux de ses mains.

  –  Encore un petit soldat de la bien-pensance qui tombe sous les vérités, dis-je, sentencieux. Paix à son innocence. Il faut dire que nous arrivons à présent au niveau quatre, celui où l’on entrevoit que la violence surpasse en fait la douceur.

  –  Comment tu peux prouver des choses pareilles, sérieusement ? S’alarme Pierre, bras en l’air battant des mouches invisibles. Regarde le mal que tu fais avec tes sales « vérités » ! Tes haines, devrais-je dire ! C’est ta parole contre le reste de la planète, non mais réveille-toi, sors de ton monde, sors voir ce qu’est un musulman, fais des vrais recherches, sois intelligent, je sais pas moi !..

Une veine se dessine sur son front emperlé. Les symptômes du quatrième palier ne sont pas beaux à voir, me dis-je intérieurement. Quand la vérité s’inocule et vaccine un bobo contre l’aveuglement, on déplore quelques effets secondaires. Des rejets, et des cas de fièvre plus ou moins délirante. Ça fait mal, mais c’est pour leur bien…

  –  Alors ? S’impatiente-t-il, à mi-chemin entre une incrédulité de façade et une certaine panique refoulée. Ça s’arrête là ?

  –  Non, j’ai évidemment fait mes propres recherches, et je ne vous demande pas d’y croire comme à parole d’évangile, faites ce que vous voulez mais sachez que sacrifier un petit rien de votre temps pour une simple recherche serait suffisant. Mais voulez-vous, au fond, affronter la vérité ? Vous êtes comme la plupart des bobos, vous avez atteint, pour les plus courageux, ce que j’appelle le niveau trois de conscience du coran, mais jamais au grand jamais n’oseriez-vous prendre le risque d’approcher le niveau quatre. Ou alors, pour ceux qui l’ont fait, vous le regrettez amèrement, et cherchez depuis lors, par tous les moyens du monde et surtout les plus emberlificotés, à vous convaincre que cela n’avait pas vraiment de signification. Je n’ai pas encore rencontré un seul type dans votre genre qui, dans son fauteuil d’artisan tibétain entubé, ait osé approcher le quatrième, alors de là à l’imaginer comprendre ce qu’il lit et digérer le tout sans vomir…

Les mâchoires sont serrées, certains préfèrent offrir leur regard à quelque chose de plus digne qu’à moi-même, au plafond par exemple, sinon à une paire de chaussures bateau qui font bien mignonnes dans une ambiance pareille.

  –  Ecoutez bien, ça ne va pas vous faire plaisir. Vous voyez mon coran, là, avec sa bonne cinquantaine de marques pages ? Il faut bien comprendre, et je le passe au premier d’entre vous que j’entends pigner pour qu’il vérifie lui-même à travers ses lunettes de hipster, que chacun d’entre eux renvoie à un, sinon à plusieurs versets de violence brute, d’intolérance la plus vile, de soumission des mécréants ou des femmes, d’incitation à la guerre sainte, de légalisation du viol des prisonnier, de l’esclavage qui coule de source, de loi du Talion, de mensonge face aux infidèles, et j’en passe. J’ai dû m’arrêter de le décorer pour pouvoir continuer à m’y retrouver moi-même… Je vous trouve même la page que vous voudrez en trois léchouilles d’index. Un verset qui légitime la pédophilie ? Pas de problème, sourate 65 verset 4. L’incitation au port du voile pour les femmes ? Aucun problème non plus, sourate 33 verset 59 ou encore sourate 24 verset 31, et seul un des deux a été plus ou moins abrogé. Vous voulez peut-être pire, rapport aux récents événements terroristes ? Pas de problème : dans le coran, on apprend ainsi que le meurtre d’infidèles est excusé, car c’est en fait Dieu qui exécute : sourate 8 verset 17. Forcément c’est plus facile comme ça… Il faut dire que le meurtre, ce n’est pas si grave en islam, puisqu’il est dit que l’association – donc le christianisme par exemple -, est pire que le meurtre. Et vous pouvez continuer…

  –  Stop ! P…..n, mais tu peux pas dire ça, réplique Pierre, affolé, une main sur le côté du visage…

  –  Je ne peux pas dire quoi ? La vérité ? Citer le texte, citer l’Histoire, parce que ça dérange dans les salons, c’est ça ?

  –  Non, je ne sais pas… pas comme ça…

  –  Comment alors, avec des paillettes autour ? Des circonvolutions ? Des petits détours ? Non, je suis désolé, mais c’est comme ça, c’est écrit noir sur blanc, et je ne vais pas t’apprendre que pour tout musulman c’est parole divine. Absolue. Et concernant les versets abrogés, je suis aussi désolé de te confirmer que les nouveaux sont loin d’être les plus fleurs bleues, rapport à la seconde partie du périple de Mahomet, à Médine entre autres…

  –  Mais est-ce que tu te rends un peu compte, bon sang de bon sang, que tu accuses tous les musulmans, là ? Poursuit Pierre, yeux exorbités et main levées parallèles de chaque côté du visage. Tu mesures un peu l’amalgame de ouf, là, tu vois ? C’est du pur fascisme, ça. Du – fa – scisme ! Martela-t-il avec force postillons.

Les deux bobos silencieux à côté se contentent à présent d’acquiescer pour leurs chaussures.

  –  Je ne reviendrais pas sur la définition de fascisme, dis-je, blasé, car vous seriez trop heureux de changer de sujet bien que l’accusation fut assez hors-sujet en l’occurrence…

Déjà le septième passage de Zaz dans la chaîne hifi. Plus personne ne prête attention aux usages. Certains, hébétés, fouillent encore le bol de cacahuètes qu’ils savent pourtant désespérément vide. J’ai la sensation d’avoir enrayée leur belle mécanique, jeté du sable dans quelque rouage… L’horloge est grippée, le coucou pend sur son ressort. Je reprends mes esprits dans ce no-man’s-land, et dit, avec une douceur qui achèvera peut-être de les irriter :

  –  Jamais je n’accuserai tous les musulmans de quoi que ce soit. Simplement, je me pose tout un tas de questions, et d’autant plus après toutes mes recherches. Partout, toute leur vie, ils apprennent que chaque mot, chaque lettre du coran, est parole divine. Le silence après le coran c’est encore du divin. Ensuite, quand t’ouvres un exemplaire, tu trouves toute cette violence, cette intolérance et compagnie. Puis tu relèves le nez et tu te souviens que ces millions de musulmans sont censés, parait-il, être de sérieux concurrents des chrétiens sur le terrain de la paix, de l’amour et de la tolérance… Où est-ce qu’il y a un problème, alors ? A quel moment ça se déconnecte entre le texte et la récitation ..? J’ai vérifié, soyez tranquilles, c’est bien le même coran pour tout le monde à quelques variations de traduction près, et il n’y en a pas non plus des faux qui s’échangent sous le manteau, c’est garanti…

  –  Oui et alors ? Reprends Pierre, combattif, ayant repris ses esprits. Tu les vois bien, comme moi, ces millions de musulmans modérés, non ?

  –  Oui mon cher, je les vois. Et puisque je sais que tu ne chercheras pas d’explication sincère ni profonde pour expliquer ce paradoxe, je vais te dire ce que j’en pense.

  –  Déjà, je ne te permets pas tes insinuations dénigrantes… Ensuite, si tu veux nous déballer ta haine, va-y. Allez ! Allons-y gaiement, ça va encore être beau à voir. Et dire qu’il n’y a plus de cacahuètes ! Ah-ah-ah… Les quelques convives alentour restent de marbre face à cette piètre tentative de détendre l’atmosphère qui tombe sur un silence de Zaz.

  –  Tu vois, dis-je le regard faussement concentré sur mes ongles, je suis d’accord sur le fait qu’une grande partie, sans doute une majorité de musulmans, est plutôt pacifique. Mais d’abord, dans une certaine limite seulement : qu’on vienne les chatouiller au sujet du prophète et, comme vous vous en êtes tous aperçu après les événements de Charlie Hebdo, ils ne seront pas nombreux à manifester contre le terrorisme, et peu semblent regretter la disparition des crayonneurs blasphémateurs. Ensuite le pourquoi de ce pacifisme. Eh bien je pense, quitte à vous surprendre, qu’il s’agit là seulement d’aspects tout à fait humains… Sur la masse, une partie importante ne se pose pas trop de questions. De plus, la majorité ont des familles, des métiers, des projets, bref, pas que ça à faire, et la plupart n’a de toutes manières pas assez de violence en elle. Et bien que chaque musulman soit censé lire le coran dans son entier, une bonne partie d’entre eux le survolent plus ou moins sans le comprendre. Lisez donc le témoignage édifiant de Joseph Fadelle à ce sujet, qui est si choqué d’apprendre en le relisant que SON coran est si violent et intolérant ! Et puis… il faut aussi, quand même, être un peu docte et faire quelques recherches pour savoir, entre autres, quel verset abroge quel autre et compagnie, et la majorité ne s’y penche pas… Ensuite, parmi les musulmans qui savent, et parmi eux les fondamentalistes, puisqu’il s’agit bien de ceux qui maitrisent le plus à fond le problème, il y a plusieurs possibilités. Il y a les sincères : ceux-là crachent leur haine sur tous les toits. Haine de l’occident, des juifs, des chrétiens, de la laïcité, des caricaturistes, des Chocapics pas-hallal et j’en passe. Ceux-là c’est facile. L’autre problème, voyez-vous, c’est la taqiya… Kezako, la taqiya, mes amis ? Ça devrait vous intéresser : la taqiya, c’est la permission offerte aux musulmans de mentir aux mécréants, donc à nous entre autres, et de les manipuler, en toute impunité et jusqu’à la fin des temps. De les « égarer » comme il se dit, puisqu’au final cela sert la cause de l’expansion de l’islam. Un loup qui se déguise en brebis, n’est-ce pas bien vile que tout cela ?

  –  Peut-être, je m’en fous. Ce que je sens moi, là, c’est que tu mets quand même une bonne partie des musulmans dans le sac du fondamentalisme et que, en plus, le truc hallucinant quoi, tu te permets de sous-entendre que fondamentalisme égal vrai islam… Je me trompe ?

  –  Au risque de vous énerver, non, tu ne te trompes pas…

  –  A la bonne heure, c’est reparti pour les amalgames ! Sautille Pierre, bras et regard vers le plafond.

  –  Laisse-moi finir… Par contre prends ton petit bouclier ou ce que tu veux, parce que ça va peut-être piquer un peu là. Bon. Déjà, oui, le fondamentalisme, au cas où vous auriez tous, quand ça vous arrange, oublié la définition, c’est le fait d’aller jusqu’aux fondements de la chose. De connaître et d’appliquer les choses stricto-sensu. Or, en islam, le coran, et même les autres textes tels que les hadits, sont paroles divines, absolues, irrévocables, et au premier degré. Ca n’y va pas fort sur la métaphore. Vous critiquez un mot vous critiquez Dieu directement, et comme le démontre le coran, ce Dieu a la miséricorde plutôt sélective. Que reste-t-il alors ? En théorie, il ne reste plus qu’à tout suivre, au maximum, jusqu’aux fondements, pour être totalement musulman. Est-ce à dire que les musulmans modérés sont des demi-musulmans, puisqu’ils n’appliquent, visiblement, qu’une partie du texte ? Je ne m’y risquerai pas mais ça me chatouille… Si vous êtes modérés parce que vous n’appliquez pas certains versets, tandis que l’islam considère que c’est le tout ou rien, difficile de voir le modéré comme un musulman complet de ce point de vue là, vous comprenez l’idée, c’est un peu comme ne faire le ramadan qu’une fois sur deux ou se forcer à manger hallal en mangeant du porc à côté… Et selon mon hypothèse, ce qui excuse donc une bonne partie des modérés quant à leur « incomplétude », dis-je en faisant le signe des guillemets, c’est bien la complexité historique du coran qui nécessite quelques recherches voire quelques études… Ce qui va vous faire le plus mal, les amis, c’est que selon tous les services de renseignement de la planète réunis, l’islam compterait dans ses rangs entre 15 et 25% de fondamentalistes. N’est-ce pas que…

  –  Et alors bon sang ? Coupe brutalement Pierre, à vide d’argument et au bout de sa contenance. Même si ces chiffres sont vrais, je m’en fous de le savoir, est-ce que tu insinues que tous ces fondamentalistes sont des terroristes en puissance ? C’est ça ?

  –  Rien à voir, là encore tu étires mes propos comme des élastiques plutôt que de me laisser finir. Mais je peux comprendre ton inquiétude…

  –  Pff ! C’est ça c’est ça, crache-t-il en haussant de petites épaules serrées dans du cachemire.

  –  A présent je vais rentrer, parce qu’il est tard, mais je ne saurais vous abandonner sans une dernière considération qui devra, je l’espère, tourner un peu en rond dans le creux de vos têtes et vous apporter peut être quelques angoisses… J’ai donc dit que, d’après tous les services de renseignement mondiaux, l’islam comptait entre 15 et 25% de fondamentalistes… Ce qui représente déjà une assez belle tranche coupée épaisse avec la couenne… Or, c’est au sein de ces fondamentalistes que naissent les terroristes. C’est aussi au sein de ces fondamentalistes que naissent ceux qui les soutiennent, ceux qui les endoctrinent, ceux qui les nourrissent, qui les arment, etc., ce n’est pas à vous que je vais l’apprendre. Et ce n’est pas parmi les modérés que quelque chose d’important se passe qui refreinerait le mouvement. Alors imaginez à présent… concevez, plutôt. Durant la seconde guerre mondiale, cette grande majorité silencieuse parmi les allemands n’a jamais pu refreiner les agissements monstrueux des quelques milliers de têtes pensantes parmi les nazis. Et pan, plusieurs millions de morts. De même au sein de l’URSS, exit la gentille majorité silencieuse. Là encore il n’était en rien en son pouvoir d’arrêter les agissements terribles de quelques dizaines de milliers de communistes zélés. Re-pan, plusieurs dizaines de millions de morts. Et pareil sous Mao, pareil dans n’importe quel massacre. Pareil, même, lors de la révolution française, plutôt marrant n’est-ce pas ? Bon. A présent, concevez l’impact d’une population musulmane qui se compte en millions dans chacun de nos pays européens… Concevez donc alors que cela représente entre un et deux millions de fondamentalistes rien qu’en France… Oui, rien qu’en France ! Dans ce cas, peu importe la soi-disant majorité innocente. Et peu importe même combien elle est innocente, ou combien elle est ignorante. L’impact potentiel en est juste absolument disproportionné par rapport à tout ce que nous avons connu auparavant… A ce propos, sachez que l’islam aurait déjà fait environ 270 millions de morts non-musulmans depuis qu’il existe. Qui dit mieux ?

Dans la pièce le silence est pesant, épais. Je le palpe. J’en goûte quelques morceaux. Il est lourd, indigeste. Un peu gras. L’un des survivants touille de l’air dans une tasse vide. Quelqu’un vient de mettre un terme au supplice de Zaz. Ceux qui sont encore autour de nous dans la pièce écoutent en faisant semblant de ne pas écouter. Personne n’ose ramasser le moindre débris de cacahuète, les visages sont fermés, tirés vers un vide quelconque. Je me sens soudain assez seul, mais je sais que les oreilles, elles, ne sont pas vraiment closes. Les traits sont tirés, la sauterie est gâchée. La gueule de bois est déjà là. Il faut pourtant en finir à présent. Je reprends :

  –  Songez, à présent, à un petit quelque chose. Le prophète Mahomet ne supportait déjà pas la satire et la caricature, quelle qu’en soit la forme. Du haut de sa tolérance et de son ouverture d’esprit, il a fait assassiner des poètes qui le moquaient.

Je les contemple, ils ne bronchent pas. Sans doute n’ont-ils pas saisi l’implication de cette idée.

  –  M’avez-vous bien entendu ? Vous pourrez vérifier, c’est encore un fait historique. Le prophète Mahomet, lui-même, le fondateur de l’islam, a fait assassiner des poètes. Des poètes ! Des poètes, les amis ! Dis-je en haussant brutalement le ton. Des satiristes, des caricaturistes du verbe ! Vous faites un peu le rapprochement avec Charlie Hebdo, maintenant ? Dis-je avec une vigueur qui pourrait passer pour de la violence, en tentant de planter mes yeux au fond de leurs regards fuyants.

  –  Tu es sérieux ? Reprends Marc qui revenait enfin de la pièce voisine. Je suis sûr que tu en rajoutes des couches parce que tu as l’impression de perdre ton auditoire, tu sens que ta haine ne nous touche plus alors tu…

  –  Non, non, Marc, je vérifie là… Reprends Pierre, le nez sur sa tablette, autant surpris que désappointé. Cette histoire est bien réelle j’en ai peur…

  –  Et vous connaissez le meilleur ? Repris-je, amusé. Pour prévenir leur doux prophète de la réussite de l’opération, les assassins crièrent « Allah Akbar ! ». Voilà en quel honneur cette douce rengaine fut prononcée pour l’une des première fois de tous les temps par un musulman… Attendrissant, n’est-ce pas ?

Le silence suit immédiatement la stupeur. La lourdeur enserre leurs expressions abasourdies. La gravité terrestre et la pression de l’air semblent s’être liguées avec une raréfaction de l’oxygène pour accabler les esprits. Marc manque un moment de reprendre Pierre avec fermeté, sourcils froncés, puis renonce finalement. Il est déjà tard, et peu de convives sont encore plantés dans les tapis.

  –  Je vous abandonne, dis-je en me levant et en attrapant ma veste, sur une dernière et très simple considération, que je vous recommande là aussi de méditer : quels fidèles et quelles pratiques pour une religion fondée par un conquérant brutal et dominateur ?

Silence dans la pièce, hormis quelques « pff » un peu forcés, ultimes tentatives de manifestation d’une désapprobation qui se meurt. Visages consternés ou affligés, aucun ne me regarde sortir, l’âme toute emmitouflée de désespoir.

  –  Allez, salut. Dieu vous bénisse, inch’Allah.

A.C.M

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Extraits de faits divers liés à Charlie Hebdo entre le 7 et le 23 janvier 2015

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14 commentaires pour Si si, tout ça c’est bien l’islam.

  1. Chilbaric dit :

    En complément, un texte éclairant sur la naissance de l’islam, qui résume les résultats des recherches historiques et bibliographiques très récentes, qui ne sont pas encore assez connues en Occident, pour cette raison.

    https://bibliothequedecombat.files.wordpress.com/2015/01/le-grand-secret-de-lislam.pdf

    On y montre entre autres que :

    1°) cette religion n’est pas née en arabie proprement dite, avec des contacts accessoires avec des chrétiens et des juifs, mais elle dérive purement et simplement d’une forme particulière de judéo-christianisme adoptée par certains Juifs, enseignée à certains Arabes qu’ils avaient embauchés comme alliés pour reprendre Jérusalem, et arrangés par ces derniers en leur sens, après après l’échec messianique de cette reprise, et la brouille qui s’en suivit.

    1°) La dictature et la conquête ne sont pas un effet collatéral de cette religion, c’est exactement l’inverse : elle a été conformée, sur ordre des premiers califes, pour justifier leur propre dictature et leurs conquêtes illimitées.

    2°) Les versets abrogeant et versets abrogés – dont le texte parle -, lesquels résultent en réalité de l’impossibilité de re-écrire entièrement la véritable source (judéo-chrétienne) du coran, s’avèrent très commodes pour les appliquer arbitrairement en fonction des circonstances., de manière totalement arbitraire.

    3°) Last but not least, si Mohammed a bien existé, ce n’était pas un prophète mais seulement un général du temps de la première entreprise ,dont un calife postérieur a l’idée de faire LE prophète pour rendre incontestable le fameux coran.

    Ce texte éclairant,que j’ai lui la semaine dernière me conforte dans ces deux idées :
    1°) Il y a des choses fort bien trouvées dans l’islam, en particulier les 5 pilliers, qui sont simplement le minimum que l’on trouve,sous quelque forme comparable, dans toute religion, y compris polythéïste. Mais je n’en ai pas besoin puisque, précisément,comme chrétien,j’en dispose aussi et bien plus que cela, et que 90 % du reste de l’islam quotidien (chariah, etc.) me répugne, en tant qu’Européen.

    2°) Ceux qui veulent « réformer l’Islam », je les tiens désormais pour des idiots, des menteurs ou des dangers publics, qualification non exclusives d’ailleurs.
    Chaque fois qu’un européen, un occidental, ou un non européen mususulman vivant en europe ou en A du Nord, fait miroiter la possibilité de réformer l’islam, il justifie l’invasion islamique par ce fait même, laissant entendre que « tout peut s’arranger ».

    Mais si quelques Bédouins veulent réformer leur religion de Bédouins, qu’ils le fassent chez eux,et pas ici, chez nous, les Européens. Et je doute qu’il advienne jamais une réforme de l’islam en Europe,quand la conquête sera justement achevée, démontrant ainsi que l’Islam avait raison d’être ce qu’il est depuis le début : un manuel de conquête, un précis de dictature, une encyclopédie de l’abrutissement.

    Donc : pas d’autres discussions avec les musulmans que celle-ci : comment pourrions nous envisager votre retour chez vous ?

  2. Caroline dit :

    Tous ces « bobos » qui crachent sur les cathos sont en fait imprégnés de culture chrétienne et croient que Mahomet est une sorte de petit Jésus …Ça les rassure .

    • Tout à fait, la mise en parallèle est constante pour s’éviter de voir la vérité en face, que ce soit sur des détails comme le carême et le ramadan ou sur des pans plus larges.

  3. Quercus dit :

    J’ai ri ! Que j’ai ri ! Merci pour cette prose rafraîchissante… Un exutoire, non ? 😉

  4. bruno dit :

    Je ne sais pas si c’est une situation vécue ou sortie tout droit de l’imaginaire fertile de l’auteur mais j’ai déjà rencontré ,ce type de comportement chez beaucoup de gens.J’appelle cela le comportement de l’autruche moralisatrice.Le pharisien des temps modernes en somme.

    • Il s’agit d’un mélange des deux : j’ai eu la volonté d’écrire sous cette forme à la sortie d’une soirée bobo parisienne, quelques jours après les événements de Charlie Hebdo… Les personnages sont donc imaginaires et les faits très romancés, mais l’idée est là.

  5. INFOCOM-Net dit :

    Bravo à l’auteur !

    J’ai eu l’impression de vivre l’acte premier d’une pièce de théâtre prometteuse, un peu comme dans « Le prénom ». Tout ça pour dire que maintenant, j’ai envie de lire la suite… MERCI,

    • Merci pour votre commentaire. L’exercice m’a amusé, peut-être y aura-t-il une suite un jour !

      • INFOCOM-Net dit :

        Pourquoi « peut-être » ?
        Une telle plume sous vos doigts appelle d’autres lois,
        Et coucher l’encre sur la feuille comme on couche un enfant,
        Sans jamais jeter l’ancre avant port et conduire à l’effroi,
        A la fin du chapitre, j’attends l’olifant…

  6. Renaud dit :

    Merci pour cet exercice littéraire qui sonne tellement « vrai ». Je dois avouer qu’au moment de l’attentat, j’ai failli être endormi par le discours « l’Islam ça n’est pas ça ». Il ne me reste maintenant qu’à lire le Coran, pour pouvoir parler en connaissance de cause

  7. louisa dit :

    Eh bien on corrige les fautes avant de publier… sur la forme, juste…

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