A l’aube d’une révolution ou d’une révolte ?

 

De la nécessité du pacifisme

Veilleurs Toulon 19 avril 2013

Les Veilleurs à Toulon

Quelle que soit la forme qu’elle prendra, et quelle que soit son origine, il semble évident que nous soyons aujourd’hui à l’aube d’une révolution, sinon peut-être d’une révolte. 

Si rien ne change en effet, c’est une révolution douce et pernicieuse qui s’exprimera. Relativement douce certes mais certainement pas lente. Vous savez bien où je veux en venir, et je ne développerais pas outre mesure : il s’agit de la révolution relativiste, qui est en cours et même en accélération de tous côtés. Tout doit se valoir, les identités, les nations, les sexes, les âges, les fois, les esprits, les êtres, afin de soi-disant jouir d’une liberté « absolue », et afin finalement que tout, absolument tout, se marchande et se remplace. Même l’Humain, biologiquement et spirituellement. Ce grand remue-ménage impliquant au passage, en Europe, de faire table rase des peuples.

Pourtant, des résistances, nombreuses, se font entendre. Peut-être l’Histoire a-t-elle besoin de ces phénomènes d’aller-retour incessants. Peut-être ceux-ci n’empêchent-ils pas, malgré tout, d’évoluer  progressivement, en moyenne, vers une certaine direction. Mais peut-être peuvent-ils être utiles à ce que les choses soient moins brutales, à bannir les progressions extrémistes et destructrices… à ceci près que ces mouvements sont généralement eux-mêmes très violents et destructeurs, et conduisent le plus souvent vers de nouveaux extrêmes.

Des mouvements plus conservateurs se font sentir, et pourraient, eux aussi, à terme, conduire à une révolution que l’on appelle à juste titre révolution conservatrice, probablement nécessaire sous certains aspects. Malheureusement le phénomène a, c’est humain, de fortes chances de prendre l’aspect d’une révolte plutôt que d’une pure révolution. La réponse à une agression jugée violente est souvent violente elle aussi, et conduit à d’autres extrêmes. Ceci ferait perdre toute légitimité et toute crédibilité à la révolution conservatrice. Violente et anxiogène, réprimée par la France, mais aussi bientôt mal-vue par les peuples dont le peuple de France lui-même, voire réprimée par une partie du monde et sa police mondialisée (Etats-Unis, Bruxelles,…), celle-ci se verrait combattue, désavouée et critiquée à juste titre. Elle n’aurait finalement plus que des chances de réussites amoindries, mais aussi et surtout une faible espérance de vie étant donné que le nouveau système n’aurait pas plus de légitimité qu’un autre système que jusqu’alors on accusait d’avoir pris racine dans le sang et la violence. Sa valeur aux yeux du monde serait de même bien piètre et ne nous servirait pas, conduisant à refouler une fois de plus tout système conservateur dans le fond des siècles et ouvrant à nouveau la voie au relativisme mondialiste soi-disant bon et pacifique.  

En bref, l’Histoire a peut-être besoin de révolutionnaires plutôt que de petits révoltés, comme le dit Jacques Brel. Des révolutionnaires, des vrais, ne sont pas nécessairement des révoltés ni des enragés. Une révolution c’est d’abord l’arrivée d’une nouvelle vague, d’un changement qui naît par l’intérieur des cœurs, sourdement, tranquillement, mais solidement et fermement, qui résiste pacifiquement et désarme littéralement ceux dont la seule capacité de réponse est la violence et la facilité, l’agressivité et la faiblesse. Des lames de fond comme celles-ci sont nées en France récemment et se sont transmises dans toute l’Europe. Je pense entre autre aux Veilleurs, qui en sont la plus belle illustration à mon sens, même si il en existe d’autres et qu’il en nécessite plus encore. Et si une révolution doit, selon Chateaubriand, toujours être amorcée par des élites divergents parmi les élites avant de donner une direction privilégiée au peuple, peut-être internet aujourd’hui nous permet-il de créer ces nouvelles élites parmi le peuple, ou sinon d’engendrer des groupes populaires pesant sur les élites.

La révolution pacifique, ça n’est pas la solution de facilité, c’est beaucoup plus difficile, certes. C’est plus long et plus douloureux, bien-sûr. Mais c’est s’appliquer à un ouvrage qui sera plus solide à travers les âges, et peut-être est-ce là notre seule chance d’éviter les bains de sang et d’acquérir toute la légitimité au regard du peuple de France, du peuple d’Europe, et des peuples du Monde. Peut-être même cela apparaîtra-t-il comme la solution la plus rassurante face à des forces anxiogènes. La solution est peut-être là : se débarrasser de toute violence, mais conserver toute fermeté, ce qui est toujours possible lorsqu’une chose est fondamentalement vraie, lorsqu’on a la foi, ou lorsque la légitimité de la résistance est si évidente qu’elle apparaît d’abord à l’âme avant d’apparaître à l’esprit.

Ce combat de résistance pacifique a potentiellement son utilité à un niveau supérieur encore : en transférant potentiellement la violence dans le camp adverse il peut la rendre unilatérale. Seul le camp d’en face, le camp des relativistes, pourra ainsi être accusé sur la scène nationale et internationale. Cette violence, bien que masquée au plus suprême degré, existe déjà, et se voit chaque jour relayée par quelques médias divergents ou mal-pensants. La violence est déjà bien ancrée dans le camp des relativistes en effet : il y a de la violence au niveau de l’Etat lorsque le peuple est ignoré et humilié alors que des réformes injustes et illégitimes sont passées de force ou en tapinois. Il y a de la violence dans la justice lorsqu’il y a injustice manifeste, qu’il y a un deux-poids-deux-mesures, absence de considération pour un groupe par rapport à un autre, répression sévère de la douceur et laxisme manifeste face à l’engeance humaine. Il y a de la violence physique et verbale lorsque des groupes de gauchistes, d’antifas, de femens, etc., agressent les Veilleurs, insultent les pacifiques de leurs mots ou de leurs corps, débarquent en arme sur des identitaires, vomissent l’identité des peuples de France, humilient la foi et démolissent la société, bref, détruisent et haïssent même les doux et les justes parmi les masses, le tout avec la relative bénédiction du pouvoir.  Il y a de la violence médiatique lorsqu’il y a tant de mensonge et de mépris, tant de soumission à des volontés, tant d’inepties et de désinformation, d’exagération ou de deux-poids-deux-mesures.

Le Camp du Bien des relativistes est déjà pétri de violence. S’il ne trouvait, face à lui avec toute son agressivité, qu’une résistance douce et pacifique, et qu’on le faisait savoir aux peuples, alors sa légitimité s’effondrerait, et il n’y aurait plus de volonté et de place que pour un autre système, probablement meilleur, plus sain en tous cas. Si notre force se tient tout entière dans ce qu’il y a de plus difficile au monde, c’est à dire dans cette résistance de cœur, ces faibles qui choisissent la violence et la facilité pour imposer leur système finiront par se perdre.

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La révolution française, premières têtes au bout d’une pique…

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6 commentaires pour A l’aube d’une révolution ou d’une révolte ?

  1. Caroline dit :

    Cher Corsaire Malouin, merci pour ce message de confiance et d’espoir .

  2. Pati dit :

    Les moments dialectiques de l’histoire (ce yoyo que vous entrevoyait entre transformation et conservation) n’altère jamais fondamentalement les tendances lourdes d’une société. La révolution française n’est que le fruit mûr de la défaite de la Fronde et de l’apparition du bourgeois et du marchand. Rien à espérer.

  3. Anonyme dit :

    Avec la France dans la rue à Paris et à Bordeaux aujourd’hui, ce n’est pas une révolte ni une jacquerie, mais c’est plutôt le début d’une REVOLUTION en marche !

  4. Ping : Quels pacifismes résistants ? | L'Identitaire

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