Avortez-vous !

Avortez-vous !

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Allez-y, avortez-vous ! C’est tellement simple, tellement normal et tellement productif ! Faites comme tout le monde, suivez l’air du temps !

Allez-y, indignez-vous contre ceux qui voudraient vous en empêcher ! Vous avez tellement le droit et le devoir de jouir sans entrave et de consommer sans retenue, votre liberté de femme sans attache et sans obligation est en jeu !

Qu’il semble loin déjà le temps où l’avortement ne devait être utilisé qu’avec logique et discernement (et avec désespoir), le temps où il était effectivement une formidable avancée, c’est à dire lorsque la mère était en réelle détresse, risquait sa vie ou celle de l’enfant, ou que la situation l’exigeait impérieusement. A présent, prends bien ta pilule, et puis si ça rate c’pas grave, ‘suffit d’avorter, tu vois, fais comme moi. C’est devenu tellement simple, tellement facile, comme une sortie au resto, comme aller faire pipi, comme un shopping entre copines. Hum non, pas celui-là, il me boudine. Oh non, pas maintenant, pas juste avant l’été et la plage ! Ce n’est malheureusement pas si ironique : les demoiselles ultra-libres qui « annulent tout » sous prétexte que ça tombe sur leur date de mariage, que ça tombe sur une « période un peu speed, tu vois« , sont devenues incroyablement monnaie courante aujourd’hui, et la loi les engage à amplifier le phénomène : la loi sur l’égalité hommes-femmes prévoit en effet d’élargir le droit à l’IVG à toute «femme enceinte qui ne veut pas poursuivre sa grossesse» plutôt que de le réserver aux seules femmes «en détresse», comme le préconise la loi Veil de 1975. Elles sont devenues si nombreuses que les chiffres feraient pleurer. Et pan!, un bébé de moins, un enfant en création, un futur homme peuplant le monde, annulé. Même pas le temps d’entendre maman chanter, non, p’tit gars, vois-tu, tu la fais même déjà pleurer tellement tu la stresses, elle n’a pas le temps pour toi la p’tite. Un bout de viande arraché comme un bout d’ongle cassé. Et peu importe que le deuil soit douloureusement ressenti le jour de la grossesse volontaire, comme c’est très fréquemment le cas, au point de se perdre complètement soi-même. Ça on n’y pense pas, sur le coup, forcément. Sur le coup on est dans le présent, là j’ai pas le temps, tu vois, ça rentre pas parfaitement dans l’emploi du temps. On consomme.

On consomme et surtout on s’infantilise. Le système dans son entier, au delà d’apporter du confort et de la liberté, engage fortement à ne plus assumer. Autrefois, et depuis toujours, lorsqu’on était dépourvu de tous ces moyens confortables d’exister, il fallait assumer, on savait ce qu’on faisait et le risque qu’on prenait. S’il y avait un enfant, on le prenait comme il arrivait, on assumait, et ô miracle, c’était compatible avec l’existence, et ô chose inimaginable et surnaturelle, c’est toujours compatible avec l’existence aujourd’hui. Evidemment ça donne quelque chose à faire et on a moins le temps de regarder Latifa touiller ses casseroles dans Top Chef, mais on existe quand même. On n’existe d’autant plus à travers cette réalisation extraordinaire et indépassable qu’est la Vie. Assumer est un mot qui nous parle d’une question morale magnifique et respectable, mais évidemment, dans cette société consumériste infantilisée, il commence à se faire quelque peu transparent.

Ah, je vous vois espérer, un jour nous trouverons la Vie en supermarché ! Bientôt dans vos rayons, aussi facile que d’avorter, le bébé GPA en kit, personnalisé et dollarisé. L’avortement consumériste va dans le même sens, c’est une étape à la relativisation du sacré de la Vie. Et sans consonance religieuse pour le terme « sacré », car cette valeur est (était) censée être universelle.

Et pendant ce temps, quoi d’autre ? Eh bien tandis que certain(e)s ministres parlent par exemple de faire travailler toujours plus les femmes et de penser aux enfants plus tard (même si ça part peut-être d’un bon sentiment), pendant que la française avale sa pilule et avorte par facilité (210.000 avortements par an en France, quel chiffre de dingue !), pendant ce temps-là la française moyenne fait encore et toujours moins d’enfants, la natalité est toujours sur le fil, le renouvellement des générations continue d’être illusoire et, puisque la croissance et la démographie sont un diktat, il faudrait toujours plus d’immigration pour enrichir la France (et les grosses sociétés qui stressent à l’idée de voir leur masse de consommateurs diminuer, surtout si les nouveaux consomment mondialisé plutôt que terroir, sans parler de l’électorat de gauche). C’est sûr, on vit tellement mieux dans les embouteillages perpétuels et dans un monde concurrentiel désuni constitué de groupes de pression de tous horizons, n’est-ce pas ? Bref.

Alors allez-y, avortez-vous ! Au diable le sentiment, au diable la vie, au diable l’empathie, au diable la morale, au diable la raison, au diable le peuple et la nation, au diable les mamans, au diable les obligations, et vive les Vacances ! Y’a qu’à cliquer ! Votre ventre est un distributeur automatique, bientôt en location, et en plus tout est jetable-recyclable ! C’est pas merveilleux le progrès ..? Alors chère madame, vous avez fait votre choix ? Il n’est pas bien celui-là ? Il n’arrive pas exactement au moment désiré ? Aucun problème, on en prend un autre et on recommence. Ici, chère madame, le client est roi. Et avec ceci …?

P’tites connes.

(Entre parenthèses, le sujet du consumérisme m’amène à un nouvel argument en faveur de mon sentiment que l’immigré surtout extra-européen arrive en moyenne en tant qu’hyper-consumériste (ce qui arrange terriblement les patrons mondialistes), car selon la caisse des médecins de Suisse, en terme d’avortement : « Les étrangères sont surreprésentées. Alors qu’elles ne constituent que 25,5 % des femmes de 15 à 44 ans en Suisse, une femme sur deux ayant avorté était étrangère ». Ça pose question.)

A.C.M

Un lien illustratif :

http://www.fdesouche.com/415359-liberation-affirmons-nous-en-tant-que-citoyens-entiers-et-non-plus-comme-uterus-reproductifs-par-labstinence-et-par-lhomosexualite-mais-aussi-par-la-masturbation-la-sodomie-le

piedbebe

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3 commentaires pour Avortez-vous !

  1. Chilbaric dit :

    L’invocation de la détresse pour dépénaliser l’avortement était pipée d’avance. Toute grossesse est périlleuse ! Et c’est en entourant la femme et en la protégeant que l’on compense cela : avant la naissance, pendant la naissance et après la naissance.
    Aussi bien, ce motif juridiquement improbable était destiné à faire passer la pilule, si j’ose dire, devant les « mâles » de l’assemblée nationale, dont la nullité juridique, par ailleurs, n’est plus à démontrer …

    Dans la rue se disait la vérité : nous ne voulons pas avorter par détresse, ni même par confort, mais pour en faire une sorte de sacrement initiatique de notre féminité. Ce sera comme notre service militaire à nous.

  2. INFOCOM-Net dit :

    Pour compléter cet article politiquement incorrect, il conviendrait peut-être d’aller jusqu’au bout du principe d’égalité Homme/Femme qui tend à gommer socialement les différences de sexe ; C’est pourquoi, dans le contexte décadent actuel, je propose d’étendre ce droit aux hommes sans connotation de genre… Cela devrait faire plaisir à la Najat !

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