Retrouver la splendeur unanime du classique

Colonne corinthienne France Pourquoi certaines parts de notre héritage culturel et traditionnel sont-elles devenues classiques ? Certainement parce qu’elles portaient en elles quelque-chose qui vibrait en une si parfaite adéquation avec nos cœurs qu’elles traversèrent les générations. Simplement parce qu’elles laissèrent l’idée simple qu’elles confinaient à l’orée du sublime, qu’elles portaient nos âmes quelle que soit leur modernité, et qu’elles parlaient éternellement notre langage sensoriel. Sans imperfection ni lassitude. Ce qui est devenu classique semble comme un sommet, au plus près de la perfection et de l’équilibre, comme si les siècles précédents n’avaient servi qu’à tâtonner jusque-là, et comme si depuis nous ne faisions plus que redescendre la pente. Ça n’est pas tout à fait vrai, heureusement, beaucoup d’époques possèdent des sublimes et le beau naît toujours çà et là. C’est simplement que les beautés classiques semblent traverser les âges sans encombre.

Nous arrivons pourtant à une époque où, comme chacun sait, le classique fait figure d’ennemi de la mode, de frein face à la relativité, de phare face à un océan consumériste perpétuellement déchaîné. Puisqu’il y a la mode, en toutes choses, et qu’elle est toute puissante, alors le classique est relégué à un passé démodé. Rejeté du présent, du conscient. Surtout à notre époque, alors que l’adaptation à différentes minorités, sans lien avec nos racines, met l’exotisme toujours plus à l’honneur et l’européen typique au rebut. De même, pour d’autres raisons, par exemple pour éviter une image faussement élitiste dans la musique, on n’ose plus apprécier en publique. « J’aime pas le classique (Mais ça j’aime bien…) »

La Violoniste par François Guiguet 1914Et pourtant… Combien s’extasient à la sortie de quelque salle obscure, sur cette musique si belle et si parfaitement adaptée au tragique de l’histoire, au point de se dépêcher de mettre la BO sur l’IPod ? Si on leur disait que les trois quarts de ces musiques sont soit issues soit inspirées du répertoire classique… Cette musique, stupidement reniée, parle profondément aux hommes. Pas besoin de basses puissantes pour transpercer la cage thoracique, ni de texte vide pour outrepasser l’esprit, non, la musique classique s’adresse directement au cœur sans faire aucun autre dégât qu’aux insensibilités. De même, par exemple, le retour de l’architecture classique à partir de la renaissance, qui comme un phénix s’est déployée une seconde fois sur notre Europe, deux millénaires après la Grèce, parce que décidément, en matière de proportion, d’harmonie, d’élégance, de finesse et de beauté, il s’agissait d’un cas d’école. Au point d’en faire… un classique. Le classique, qu’il soit de littérature, de musique, d’architecture ou de toute autre chose fonctionne, selon les cas, comme un socle porteur ou sinon comme une source où puiser.

Libre à chaque Homme ensuite de rechercher plus loin où mènent les voies de la création, d’en parcourir toutes les parcelles, d’en arpenter tous les chemins jusqu’aux plus accidentés. Si tant est, cependant, que cela ne soit pas pour atteindre quelque obscur dessein délétère et relativiste, comme ceux-là qui visent sans relâche à déconstruire, à renouveler par la table rase, à créer par la grâce des débris et des décombres. Ceux-là qui honnissent les écrins d’une culture préservée, ceux-là qui abêtissent, apportent ignorance ou provocation, ceux-là qui rêvent d’un monde infiniment mouvant et sans repères, ceux-là qui, comme certains artistes contemporains, travaillent à bâtir un monde spéculatif et arrogant… Bref, qui détruisent la culture classique et la tradition sous prétexte de bâtir, par une violence diffuse, un monde nouveau et consommable, certainement aussi nouveau et périssable que chaque chose se doit d’être aujourd’hui. Tous ceux-là sont des imposteurs ou des nihilistes.

Braves Hommes Européens, réappropriez-vous votre patrimoine classique. C’est votre droit que de jouir de ce qui est absolument beau pour vos sens et vos cœurs. Et plus encore, il s’agit d’un des organes de votre identité. Ne le laissez pas périr sous quelques prétextes fallacieux, ou ce sera votre faute, peuples d’Europe, de n’avoir rien tenté.

orchestre symphonique

A.C.M

Vidéo : « la meilleure pièce jamais dépensée », ou la puissance oubliée du classique (Flashmod)

Publicités
Cet article, publié dans Culture & patrimoine, est tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Retrouver la splendeur unanime du classique

  1. Chilbaric dit :

    Réappropriation digitale

    Froh, wie seine Sonnen fliegen
    Durch des Himmels prächt’gen Plan,
    Laufet, Brüder, eure Bahn,
    Freudig, wie ein Held zum Siegen.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s