Des chansons trop identitaires ?

Edith PiafCertains des airs qui jadis nous semblaient si naturels auraient aujourd’hui bien du mal à sortir sans remuer au minimum quelques bien-pensantes idéologies tentant de couvrir leurs auteurs de nécessaires disgrâces. Il n’y a qu’à voir les remous qu’aura engendré la sortie de l’album « Bretonne » de Nolwenn Leroy, qui n’est pourtant que gentiment identitaire, comme seul le cœur sait l’être. Il n’y a qu’à voir aussi les mises au ban de grands classiques dans différents domaines tels que la bande dessinée (Tintin, Astérix,…), ou même concernant certains pans de notre histoire. Aussi, voici quelques exemples de chansons – et extraits des textes – (ainsi que des extraits de Mlle Leroy), qui, si elles sortaient à nouveau aujourd’hui pourraient faire grincer quelques dents, bien malgré elles. Parce qu’elles ne sont plus jugées compatibles avec certains standards bien pensants actuels ou même simplement à cause d’un double sens que l’on pourrait leur prêter aujourd’hui et qui n’existait peut être même pas à l’époque…

La question ici n’est pas de débattre de la qualité ni même de la sincérité d’un auteur qui n’est pas forcément présente chez chacun d’eux. Il s’agit seulement de donner quelques exemples qui peuvent paraître soit ambigus à cause de l’actualité, soit volontairement identitaires, et de constater combien pourtant ces airs nous semblaient naturels autrefois. La liste n’est pas encore longue et est ouverte à d’autres idées, aussi n’hésitez-pas à proposer !

Il ne s’agira là que de courts extraits du texte, mais l’écoute complète est proposée.

Bruno Pelletier

Le temps des cathédrales

Le temps des cathédrales

« Il est venu le temps des cathédrales
Le monde est entré
Dans un nouveau millénaire
L´homme a voulu monter vers les étoiles
Écrire son histoire
Dans le verre ou dans la pierre…
[…]

Il est foutu le temps des cathédrales
La foule des barbares
Est aux portes de la ville
Laissez entrer ces païens, ces vandales
La fin de ce monde
Est prévue pour l´an deux mille… »

Jean Ferrat

Ma France

Jean Ferrat Ma France

« De plaines en forêts de vallons en collines
Du printemps qui va naître à tes mortes saisons
De ce que j’ai vécu à ce que j’imagine
Je n’en finirai pas d’écrire ta chanson
Ma France…

Au grand soleil d’été qui courbe la Provence
Des genêts de Bretagne aux bruyères d’Ardèche… »

Yves Duteil

La langue de chez nous

Yves Duteil

« C’est une langue belle avec des mots superbes
Qui porte son histoire à travers ses accents
Où l’on sent la musique et le parfum des herbes
Le fromage de chèvre et le pain de froment

Et du Mont-Saint-Michel jusqu’à la Contrescarpe
En écoutant parler les gens de ce pays
On dirait que le vent s’est pris dans une harpe
Et qu’il en a gardé toutes les harmonies… »

Daniel Balavoine

Le français est une langue qui résonne

Daniel Balavoine

« Langue d’Oc du Nord les accents s’époumonent
Dans ma tête versée mon pays se crayonne
Je me dis le français est une langue qui résonne…

Assis près de Calais dessous les lames bretonnes
Je regarde arriver les vagues anglo-saxonnes
Tous mes mots vieux français éclatent et bouillonnent… « 

France

« France, je ne reconnais
Ni mon côté gauche
Ni mon côté droit
Et quand je pense
A tous ces français
Qui voudraient t’aimer
Mais ne peuvent pas
Les mots de science
Qui vont t’étouffer
Viennent de gens qui ne respirent pas… »

Nolwen Leroy

Nolwenn Leroy Bretonne

Je ne serais jamais ta parisienne

« Qui voit Ouessant, Voit son sang,
Qui voit Molène, oublie sa peine,
Qui voit Sein, n’a plus peur, du lendemain,
Qui voit le Fromveur, entrevoit le bonheur,

J’aimerais tant, que tu me comprennes,
Je ne serais jamais ta parisienne
J’aimerais tant que tu comprennes,
Qu’ici, ma place, n’est pas la mienne… […]

Mais sur les rives de la Seine, je suis au bout de la Terre… »

 

Rentrer en Bretagne

« Inhaler aux tréfonds de moi
l’odeur de l’iode, la bouse mouillée
et sentir mes yeux se brouiller
Rentrer en Bretagne…

Voir passer les arbres,
les villages de mon jeune âge,
de mon jeune âge.
Horizon et mes souvenirs retrouvés au passage… […]

Et Dieu que c’est bon d’revenir
en ce lieu où vit ma mémoire,
retrouver les noms du pays
Rentrer en Bretagne…

Nombre de contrées
j’ai connues sur notre Terre, sur la Terre
J’ai appris à aimer l’univers,
haïr les frontières.

Est-ce une raison pour avoir honte
si dans mon cœur l’émotion monte
quand mes pieds raclent le sol familier,
en Terre d’Armorique ? »

Ma Bretagne quand elle pleut

« Grand-mère lavait nos chemises
Au lavoir près de la remise
Le chat faisait le gros dos sur l’âtre auprès du feu
Qu’elle est belle ma Bretagne quand elle pleut

Papa nous contait des légendes
De trésors enfouis sous la lande
Maman cachait quelques pièces sous des draps très vieux
Qu’elle est belle ma Bretagne quand elle pleut… »

Et parfois à propos d’autres nations, d’autres identités…

Jacques Brel

Le plat pays

Jacques Brel Le plat pays

« Avec des cathédrales pour uniques montagnes
Et de noirs clochers comme mâts de cocagne
Où des diables en pierre décrochent les nuages
Avec le fil des jours pour unique voyage
Et des chemins de pluie pour unique bonsoir
Avec le vent d’ouest écoutez-le vouloir
Le plat pays qui est le mien… […]

Avec de l’Italie qui descendrait l’Escaut
Avec Frida la Blonde quand elle devient Margot
Quand les fils de novembre nous reviennent en mai
Quand la plaine est fumante et tremble sous juillet
Quand le vent est au rire quand le vent est au blé
Quand le vent est au sud écoutez-le chanter
Le plat pays qui est le mien »

Michel Sardou

Le Connemara

Michel Sardou

« Terre brûlée au vent, des landes de pierres autour des lacs, c’est pour les vivants un peu d’enfer le Connemara… […]

Au printemps suivant, le ciel irlandais était en paix
Maureen a plongé nue dans un lac du Connemara
Sean Kelly s’est dit: « Je suis catholique, Maureen aussi! »
L’église en granit de Limerick,
Maureen a dit oui
De Tipperary, Barry-Connely et de Galway
ils sont arrivés dans le comté du Connemara
Y’avait les Connors, les O’connelly,les Flaherty du Ring of Kerry
et de quoi boire trois jours et deux nuits… »

Lynda Lemay

Bleu

Lynda Lemay Bleu

« De mon pays, j’ai dû sortir pour réaliser à quel point
Ben, mon pays, c’est mon avenir, c’est mon début et c’est ma fin
Dans mon pays, on a des rêves parfois trop gros, jamais trop bleus
Dans mon pays, bien sûr, on crève parfois trop tôt, jamais trop vieux… […]

Dans mon pays, l´érable pleure un petit sirop savoureux
Y a des valeurs bien implantées par nos aïeux
Les noms qu´on signe dans mon pays, on les souligne de trois bisous
Un peu comme aux États-Unis, mais les p´tites croix sont bien d’chez nous…« 

Cet article, publié dans Morceaux d'identité palpable, est tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s